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| ô rage, ô désespoir... |
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Maman elle est pas là... alors je squatte sur son blog en attendant qu'elle revienne... enfin quand je dis "en attendant qu'elle revienne"...
Peut-être qu'elle ne reviendra pas. Nan.
En fait elle a fait tout plein de bêtises vraiment pas belles, alors le bon Dieu il s'est mis en colère et y'a eu des éclairs dans le ciel et puis tout plein d'eau qui est tombée sur le village et puis hop, tout d'un coup, y'a eu le noir absolu... celui où tu as beau écarquiller les yeux, et bien tu ne vois rien quand même. Le noir qui est noir, quoi.
Alors déjà, Maman, elle a besoin de lunettes parce qu'elle est bigleuse comme une taupe, mais bon ça, j'ai pas trop le droit de le dire sinon l'héritage, il va me passer sous le nez, donc Maman, et bien, elle ne voyait plus rien forcément parce que dans le noir, pas besoin d'être bigleuse pour ne rien voir sauf si tu es un chat. Mais Maman, c'est pas un chat. Encore que des fois je me pose des question....
Bref.
A cause de maman et de ses bêtises qui ont mis le bon Dieu en colère et que c'est pas comme ça qu'elle ira au paradis, c'est moi qui te le dis, eh bien, le village il s'est retrouvé dans le noir et en plus dans le froid.
Et Maman, elle s'est retrouvée sans ordinateur... alors elle m'a appelée en Suède avec son téléphone portable et elle m'a demandé d'aller juste vous dire qu'il y avait une panne d'électricité depuis la nuit dernière et que comme chez EDF, ils font la sieste et bien, ce n'est pas prêt d'être réparé.
Et c'est tant mieux, moi je dis. Ben voui. Comme ça elle ne m'appelle pas toutes les cinq minutes avec son téléphone qui est électrique et sur lequel elle a pris un abonnement pour appeler la Suède et que moi j'en peux plus d'être surveillée comme ça alors cette panne d'électricité, c'est un peu des vacances pour moi... mais bon peut-être que je ferais mieux de ne pas dire ça parce que sinon, je vais encore être déshéritée.
Bon. Ben voilà. J'ai rempli mon rôle de messagère de l'espoir et je vous souhaite à tous une excellente journée !!
Hejdoe, comme on dit en Suède.
On dit aussi "Tack", mais ça veut dire merci, alors peut-être je ne l'écris pas parce que finalement pourquoi je dirais merci, moi, hein ?!. |  | | > Commentaire(3) | |
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| 9 031 088 Suédois, et moi, et moi, et moi... |
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Ma chère maman,
J'espère que tu vas bien. Moi ça va. Je t'écris pour te donner de mes nouvelles parce que je sais que tu t'inquiètes beaucoup pour moi et pour mon intégration en Suède. Faut pas.
Ma petite maman, ne t'inquiètes plus. Ca y est, je suis parfaitement intégrée, tu vas être fière de moi. Et ne crois pas que je te dise cela pour te rassurer et éviter que tu te fasses encore des cheveux blancs... encore que, à mon avis comme ils sont tous déjà blancs, ça ne va pas être possible de faire plus blanc, parce qu'après la teinture que tu mets sur ta tête pour faire croire que nan, ils ne sont pas blancs mais que quand même tout le monde le sait bien qu'ils sont tout blancs, eh! bien, elle ne va pas tenir. La teinture. Mais OMERTA.
Bref. Mon intégration...
Hier mon ado préférée et moi étions dans une rue du centre de Stockholm quand je l'entends me dire "maman, c'est normal qu'il y ait une dame par terre ?". Sans hésiter un seul instant, je lui ai répondu "oui, c'est normal" et nous avons continué notre chemin comme si de rien n'était, laissant la dame se débrouiller toute seule.
Je suis sûre que tu vas être vraiment très fière de nous. Oui. Très fière.
Ce matin, j'ai rencontré mon voisin sur le trottoir devant sa maison, il promenait son chien. Il pleuvait des cordes, alors nous avons engagé la conversation sur ce temps, franchement étrange en Suède à cette saison et sur cette neige qui ne vient pas. Nous avons parlé une vingtaine de minutes sur ce trottoir. Mon voisin avait un parapluie sous lequel il s'abritait. Moi je me transformais en serpillière au fur et à mesure que le temps passait parce que je n'avais rien pour m'abriter. A aucun moment, il ne m'a proposé un p'tit bout d'parapluie contre un coin d'paradis.
J'ai trouvé cela tout à fait normal.
Maintenant, quand je rentre ou quand je sors d'un magasin, j'envoie systématiquement la porte dans la figure de la personne qui me suit, et j'y prends, il est vrai, un certain plaisir. Je bouscule les passagers dans le métro, et surtout je ne m'excuse pas. Evidemment, j'ai demandé à mes enfants de ne jamais hésiter à s'asseoir sur une place vacante dans les transports en commun, et surtout de ne jamais céder leur place à une personne plus âgée ou à une femme enceinte.
Et puis quoi encore ?!. Ils passeraient leur temps à voyager debout, mince, ils sont quand même trop jeunes pour ça.
Nous mangeons des pommes de terre à tous les repas, accommodées de différentes façons, ça passe très bien. Quand mes enfants râlent, je leur donne des tas de bonbons et surtout je réalise leurs quatre volontés parce qu'ils pourraient se plaindre aux services sociaux si ce n'était pas le cas et que je pourrais avoir de gros ennuis.
C'est chiant d'avoir de gros ennuis, alors je me tiens à carreaux.
Le voisin d'en face s'est mis en tête de réparer sa façade qui part en lambeaux. Ca fait trois jours que je l'observe, perché sur son échelle à faire je ne sais quoi avec des bouts de plastiques. Moi, ça me paraît très étrange sa façon de procéder, et ça ne me plaît pas. Je crois que je vais le dénoncer aux services de la commune pour qu'ils viennent lui mettre une amende.
Nan, mais, si mes voisins commencent à faire ce qu'ils veulent, où allons-nous ?!.
J'ai gardé précieusement mon sapin de Noël, défait le 13 janvier, comme il est de coutume ici. Je le brûlerai le 30 avril, lors de la fête de Valborg, et je danserai autour du feu en chantant des chansons paillardes. En attendant ce p***** de sapin trône dans mon jardin, mais bon, après tout, trois mois, ça passe vite.
Je propose systématiquement des cure-dents à mes invités... et je les invite à se curer les dents, en gardant bien la bouche grande ouverte. Je ne me lasse pas du spectacle. C'est mieux qu'au cinéma.
J'envisage très sérieusement de me mettre au tabac à chiquer, et si ce n'est pas encore fait, c'est uniquement parce que je suis indécise quant au choix de la couleur de la boîte dudit tabac.
J'ai acheté un drapeau suédois. Il est beaucoup moins joli que le drapeau corse. Ce bleu et ce jaune, j'ai un peu de mal à m'y faire quand même, mais dès que je retrouve la manivelle, je le hisse en haut du mât qui est dans mon jardin... comme ça je verrai enfin un peu de bleu dans le ciel.
Je connais les paroles de l'hymne suédois :
Du gamla, du fria,
Du Fjällhöga Nord,
Du Tysta, du Glädjerika sköna
Jag älskar dig vänaste land uppå Jord,
Din Sol, din Himmel, dina Ängder Gröna (X2)
Du Tronar på minnen från fornstora dar,
Då ärat ditt namn flög över Jorden,
Jag vet att du är och blir vad du var,
Ja, jag vill leva, jag vill dö i Norden. (X2)
Comme je suis vachement fortiche, je connais aussi les paroles de l'hymne corse et c'est vachement plus émouvant.
Moi j'appelle ça une intégration réussie, nan ?!.
Un petit bémol quand même. Tout à l'heure, alors que nous avions couru à perdre haleine, mon troll et moi, et ce, sous les yeux du chauffeur de tram devant lequel nous sommes passés, il nous a délibérément fermé les portes sous le nez et il a démarré sans nous attendre... je savais qu'il ne nous attendrait pas, même en nous voyant. N'empêche, j'ai crié "connard, en Corse je t'explosais ta machine".
Oui, je sais. Un reste de gauloiserie qui m'a échappé. Nan, là je ne suis pas fière, parce que c'est vrai que tu m'as appris à être une fille polie et qu'il faut que je montre l'exemple à mes frères parce que c'est moi la plus grande. Juste, ça m'a fait du bien.
Y'en a marre d'ailleurs d'être toujours la plus grande. Peut-être que cette année, ça pourrait être au tour d'un de mes frères d'être le plus grand pour montrer l'exemple, y'a pas de raison que ce soit toujours moi qui m'y colle.
Sur ce, je vais te laisser, ma petite maman.
Je t'embrasse bien fort.
La Corso-Suédoise presque plus apprentie.
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| Surprise pour toi maman !!! |
| | Cadeaux spécialement pour toi Maman !!! Parce que c'est dimanche... Et que nous pensons à toi...
anti_bug_fck
Alors... En plus je te mets de la couleur et des polices et des tailles de caratères différentes...

Et de la musique... Trop fortiche la petite Suédoise !!!
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| Coup de foudre à Prato !!! |
| | En raison d'un gros orage sur le village qui a provoqué une grosse coupure de courant, Maman ne pourra peut-être pas bloguer aujourd'hui...
Bon, EDF est sur le coup (de foudre) avec trois énooooooormes camions...
Si vous voulez aider Maman... Priez !!! Ou bien envoyez lui un électricien compétent... Heu... Bon, ok, si vous en trouvez un mignon, n'hésitez pas à me contacter en Suède... Parce qu'en ce moment, d'accord, il fait trente degrés sur Stockholm, mais on ne sait jamais... |  | | > Commentaire(1) | |
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| Mon légionnaire... |
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Ce soir je squatte chez ma mère...
Une fois n'est pas coutume... Je vais vous raconter une histoire qui ne va pas forcément vous faire sourire... Parce qu'aujourd'hui, c'est le 30 avril... Et c'est Camerone...
Pour beaucoup d'entre vous, ce mot ne doit rien évoquer... Mais pour moi, c'est toute une histoire... Alors aujourd'hui je vais être impudique (ne rêvez pas, je ne vous donnerai pas de photos coquines de moi), et déroger à mes billets souriants et humoristiques... Vous avez encore le temps de faire demi-tour et de passer au post suivant...
Un jour, c’était un lundi, il y a bien longtemps, un homme m’a regardée en souriant. J’ai plongé mes yeux dans les siens et nous sommes restés là tous les deux à nous observer… Mes yeux verts dans ses yeux noisettes… Il y avait plein de gens autour de nous. Il me regardait, je le regardais et nous étions seuls au monde…
Longtemps, il a été à mes côtés, il a consolé mes chagrins, m’a encouragée quand je doutais, m’a regardée sourire et puis rire. Longtemps, il m’a prise dans ses bras, il a caressé mes cheveux, il m’a bercée de mots d’amour… Bien sur, il y a eu des coups de gueule… Quelquefois… Des mots qu’on regrette et puis des trahisons… Il est parti et il est revenu, et puis c’est moi qui suis partie… Mais notre amour n’a jamais faibli.
C’est lui qui a ouvert mes yeux sur le monde, c’est lui qui m’a donné le goût de la fête, c’est lui qui m’a fait connaître mes premiers ailleurs, c’est lui qui m’a appris le sens du mot amour et puis celui du mot humour… C’est lui qui m’a conduite à la clinique quand j’ai mis au monde mon premier enfant. Pour moi, souvent il a été là quand il le fallait.
Et puis un jour, son regard n’a plus été le même. Et j’ai appris qu’il était malade. Le genre de maladie qui n’arrive pas qu’aux autres, celle que l’on appelle rare, orpheline ou je ne sais quoi d’autre pour justifier du fait qu’on ne sait pas les soigner… Celle-ci s’est appelée PSP.
Tout le monde a fermé les yeux. Moi j'ai ouvert les miens. Envers et contre tous, j'ai voulu savoir, pour lui, pour moi. Curieuse, je suis allée creuser. Alors je me suis assise sur le carrelage de ma cuisine et j'ai pleuré… Longtemps… J'ai hurlé aussi, saloperie de vie !!!
Et puis un jour il a cessé de parler et il ne pouvait presque plus bouger, mais quand ses yeux se plongeaint dans les miens, nous étions toujours seuls au monde… Il m'a offert sa dernière crise de fou rire un jour ensoleillé du mois d'août deux mille six, et je sais aujourd'hui que chaque instant est précieux.
Il s'est battu, la tête haute, sans jamais un mot pour se plaindre... Il disait toujours "ça va, ça va"... Et puis il est parti sans faire de bruit un matin de janvier deux mille sept...
Cet homme c'était mon légionnaire à moi. Et c'était mon père...
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| MALADETTU TAPETTU ! |
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Ma mère rentre demain, alors je lui rends les clefs de son blog et je m'en retourne vers mon pays d'exil, la Suède ! Pour mon dernier jour parmi vous je vais vous raconter une petite histoire écrite par mes soins...
Maladetu tapettu troppu ghjucu...
Maladetta donna troppu grande...
Taglia mezzana di è francese, un mettru sessanta dui. A sola chi misurava u mettra ottanta dui e mezzu, ghjè ellu chi l'a spusata... C'i volé a di chi era bella temponi fà, Emiliana... grande, bocca purputa, occhjoni verdi, ghjambè longhe... Ma buccalone dinù. Tutti l'omi di u paese l'eranu appressu. Ma ghjè ellu chi l'ha avuta.
Quessa, ha fattu cio chi vulia Ghjuvani: L'ha fattu a cortè dui mesi, prima di pudella salta ind'u pagliaghju di Andria. Mica scenza ch'ellu sia ghjuntu in su mentre.
Tre settimanè doppu, Ghjuvani spusava Emiliana. Un'era poccu fieru a u bracciu di a so sposa. A l'uscità di a chjesà, eranu tutti qui, l'omi di u paese. Un'ci n'era unu ch'averia vulzuttu mancà quessa. Ci volè a di chi s'eranu campati c'u Emiliana... L'aviana tutti saltata ind'u pagliaghju d'Andria, u sollu chi s'era fattu insaccà ,ghjèra Ghjuvani. Certu s'avianu da sente solli l'omi di u paese !
Sei mesi doppu, un criaduru era nattu. "Accade" ch'ellavia dettu u duttore, "era pressatu, è natu nenzu l'ora" ! Un bellu ciucciu, quattru chilo duiè centu, cinquanta cinquè centimi... Ma era grande Emiliana, un mettru ottanta dui e mezzu!
E po a vita era scorsa. U criaduru era grandatu. S'era ancu spusatu c'u a Ginetta. C'i volè a di chi Andria, novanta cinqui anni ,è sempre in forza, l'avia surpresi ind'u u fenu d i u so pagliaghju. L'avia arrangiadu bè sa storia a Ghjuvani. Oghje, chi u "zitellu" a dighjà trenta nove anni, un'era mica troppu pressatu di parte di casa. Avà, aviàd' esse in finè un poccu tranquillu...
Maladettu tapettu troppu ghjucu !
Sta sera, era rientratu nenzu ,in casa pè fidighja a partita di ballo tra marseglia e parigi. Quessa si chi ghjè una bella partita! Prima di rientre, era andatu ind'è Intunietta, a piglia una pizza "quattru stagioni" a so preferita, e une pocche di bierè, storia di u padè sede ,tra duie buccunate di pizza.
Avia messu a so tenuta turchina, e s'era stalatu ind'u futogliu. Ghjera a partita di u seculu !
Maladettu tapettu troppu ghjucu !
S'era sciacattu trè bierè, quandu Emiliana è venuta a pusa pè parlali di u criaduru c'un si sentia mica cu a Ginetta...E parlà... E parlà... A la cinquesima biera, li dissè chi u zitellu veneria a passa sicuramente qualchi ghjorni in casa, manera di vede vene, e parlà... E parlà...
Ghjè a la novesima biera chi Emiliana s'hè ricevuta un'e pocche di biere in capu. Marseglia, Parigi, a partita di u seculu, un c'i vulia mica a imbestialu a Ghjunani. D'altrondè, a appreziatu quandu l'Emiliana se tesa.
Ghjè quand'ellu a fattu passa a manu pè piglia a tredecesima biera, ch'ellu sè accorsu chi qualcosa un'andava piu... Biere, un'c'i n'era piu ! A giradu u capu, e a vistu a so Emiliana, cascada nantu u lattu, c'u a faccia in sangue...
A, a fine di u primu tempu di a partita, se dettu ch'ellu l'avia da incudupa ind'u tappettu di u salottu, e anda a piatalla a u lozzu, cum'ellavia vista fà in l'ultimu "Colombo." L'avia da manca l'Emiliana...
Maladettu tapettu troppu ghjucu !
U pettu, mica prublemu, entrava... Ma u cappu e i pedi, nunda a faà!
A passatu u restu di a partita, a batessi c'un su maladettu tapettu, speturighjadu. A pruvadu a piegha e ghjambe, di torcè u cappu, ghjè quand'ellu a pruvata a pisalla, ch'ellu a intesu una pizzicata, qui ,a u lattu mancu, una spezia di pena chi l'a obligatu a pusà...
Maladettu tapettu troppu ghjucu !
U lindumane matina, quandu u criaduru e ghjuntu, c'u a so valigione nera, un'a mica cappitu bè, cio che u so babbu faccia speturighjadu, accolu a la so mamma, inturcinada ind'ù tappettu a mezza a u salottu...
Maladettu tapettu troppu ghjucu !
Salute a voi ! |  | | > Commentaire(1) | |
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| ETRE CORSE... |
| | center>Mes amis souvent me demandent de définir ma corsitude... Moi qui suis prompte à leur dire que chez nous, tout est différent !
Etre Corse... Tout d'abord c'est reconnaître sa langue quand elle est parlée n'importe où dans le monde... Cela peut vous paraître étrange que je commence par ça, mais seul un Corse qui entend parler en Corse va dire "tiens, un Corse"... Les autres vont dire "tiens, un Italien !"... Et pourtant, la différence est tellement évidente...
A mes oreilles... Qui ont été bercées par cette langue, cet accent, ces mots aux sonorités différentes... Non le Corse, ce n'est pas de l'italien. Oui, nous avons une langue qui nous est propre, qui est enseignée dans les écoles et à l'université, une langue qui a sa grammaire, sa conjugaison et son propre vocabulaire, une langue qui non seulement ne meurt pas mais qui en plus est parlée par de plus en plus de jeunes... Etre Corse..
C'est être fier je pense, de ses origines, les revendiquer... Moi, même en Suède, je ne dis pas, je suis Française, je dis je suis Corse... Ridicule vont dire certains... Je vais répondre jaloux... Eh oh, faut pas trop me chercher hein ? Parce qu'être Corse c'est aussi être un peu susceptible quand on s'attaque à la Corse ou aux Corses... Attention sujet sensible...
Moi, je réagis au quart de tour, et même si je garde le sourire, souvent j'ai juste envie de répondre " ô sumero, per quale ti pigli !" (guarda stu connu !). Mais bon, je suis polie... Et puis en Corse quoiqu'on en pense, on a le sens de l'humour... La preuve ? Ben depuis que ma mère est en Pologne et que je squatte son blog, tu ne rigoles pas ? Ose me dire en me regardant dans les yeux, que ce n'est pas drôle ce que j'écris ?... Alors ? Ben tu vois !
Etre Corse, c'est savoir où tu vas pendant les vacances, et provoquer l'envie dans les yeux des gens quand tu le leur dis... Tu ne perds pas ton temps à chercher où tu vas bien pouvoir aller cette année... Parce que toi, cette année, tu sais où tu vas... Et tu sais que tu vas en faire des envieux... "Moi je vais en Corse".. "Oh punaise, et tu as trouvé une location pas chère ?" "Oui, chez ma mère !"... Etre Corse...
C'est sentir l'odeur du maquis quand les autres ne sentent rien et que tu arrives avec le bateau... Eux ne voient rien, toi tu ne vois rien non plus mais tu sais... Et tu sais parce que tu as senti l'odeur du maquis... Etre Corse, c'est parfois avoir du mal à retenir tes larmes quand tu vois tes montagnes... Et moi, j'y arrive de moins en moins ! Etre Corse...
C'est se dire "je suis chez moi" quand tu as débarqué... Parce que c'est le seul endroit où "je suis chez moi"... C'est fermer les yeux un quart de seconde et effacer tout le temps qui vient de s'écouler et où tu n'as pas été chez toi... Etre Corse...
C'est être attendue par tes parents, ta famille, c'est le village entier qui sait que "la petite" arrive aujourd'hui... Parce qu'en Corse, c'est probablement le seul endroit où je suis "la petite", ou l'on me parle en me disant "a mio ciuccia", où mes rides (bon, c'est vrai j'en ai pas) ne se voient pas... C'est le seul endroit où mes enfants sont les enfants de tous, où ils ne risquent rien, où mon regard de mère se repose parce qu'il sait que les autre aussi veillent... Heu d'ailleurs j'ai l'impression qu'ils en profitent un peu ces petits pour faire quelques bêtises... Mais bon... Etre Corse...
C'est dire à mon homme, ça c'est MA plage, même s'il y a plein de monde dessus, c'est MON rocher, MA cabane, MES souvenirs... Voilà ce que je t'offre... Tout ça... Un peu de ma corsitude... Et mec, à prendre ou à laisser... Chez moi c'est le package... Moi... Et tous les Corses ! Bon, y'en a qui n'ont pas tenu le coup... Etre Corse...
C'est le premier voyage en avion de chacun de mes enfants, à l'âge d'une semaine...C'est leur baptême, avec un prêtre en soutane qui soulève mon petit à bout de bras pendant que tout le monde chante le "dio vi salvi regina"... C'est les pièces et les bonbons que tu jettent du haut des marches de l'église... C'est le veau en méchoui dont tu vas régaler les invités... Je me rappelle encore quand mon père coursait le veau avec les jumeaux... Et c'est Toussaint qui en surveille la cuisson... Etre Corse...
C'est préparer les oreillettes et les fritelles en cachette, et puis faire en sorte que tout le village s'installe en silence sous les fenêtres de la chambre de mes parents pour leur porter la sérénade pour leur anniversaire de mariage... Etre Corse...
C'est Maman qui m'appelle la nuit de Noël pour m'apprendre les prières, qui font de moi une Signadora... La dépositaire d'une tradition que j'essayerai de transmettre à mon tour à ma fille... Et que j'utilise en secret... Etre Corse
C'est une église bondée pour l'enterrement de Papa, des gens dehors qui espèrent qu'ils ne va pas pleuvoir, une chorale qui chante le "Dio vi salvi regina", et oui, on le met à toutes les sauces celui-là, et mes tantes, et mes oncles, et mes cousins... Et puis le cimetière familial... Et oui, on a ça nous ! Et puis même que si tu n'as pas été sage, tu es enterré à l'envers... Heu, moi je suis hyper sage ! Etre Corse...
C'est la confiture d'arbouse de Maman, qui fait passer le mellan, la farine de châtaigne pour la pulenta, les canistrellis, et la Pietra qui me font avoir des sueurs froides chaque fois que je passe la douane... Surtout la farine... J'comprends pas pourquoi... Ils font une fixation les douaniers... Etre Corse...
C'est l'odeur du figatelu sur les braises dans la cheminée de ma grand-mère, c'est les histoires sur "Grosso Minutu" que mon grand-père me racontait le soir... Etre Corse...
C'est avoir la chair de poule quand j'entends des chants Corse, c'est appeler mes enfants i mi figlioli, c'est... C'est la générosité, le sens de l'accueil, le caractère entier, le chauvinisme, la bagarre... C'est aussi les nuits bleues... Et c'est encore tellement d'autres choses...
J'aurais pas un truc qui s'appelle la nostalgie, moi ? Salute a voi !
|  | | > Commentaire(19) | |
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| JE SUIS INQUIETE ! |
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J'ai reçu un mail... En provenance de Pologne... Au départ je me suis dit que c'était un virus, eh oh, j'suis Corse moi, donc je suis méfiante de nature ! Et puis je me suis rappelé que ma mère, sa chorale et les deux prêtres étaient partis en voyage en pologne...
Donc forcément, ça ne pouvait venir que de l'un d'eux... Bon, les gens de la chorale, moi, je les ai bien croisés de temps en temps, mais je ne les connais pas assez pour qu'ils m'envoient des mails... Les deux curés... Heu... Ben, ils n'avaient aucune raison de m'écrire eux non plus... Sauf s'ils avaient entendu dire que j'avais cafté sur le fait qu'ils connaissent plein de jolies chansons drôles en polonais, mais qu'elles ne sont pas pour toutes les oreilles...
Eh oh, j'aurais quand même pas été trahie par l'un d'entre vous, hein ?!. Déjà que je squatte le blog de ma mère en cachette et que je risque d'être privée de fritelles jusqu'à la fin de mes jours quand elle va l'apprendre... Si en plus, j'ai les curés sur le dos... Heu, enfin, façon de parler, parce qu'un curé sur le dos, c'est pas facile à porter, mais deux... Eh oh, j'suis pas une ânesse, moi ! Bon bref, s'ils ont entendu parler de ça, je n'ai plus qu'à prendre le maquis !
Alors, vous pensez bien que le mail, je l'ai ouvert avec angoisse... Ben, en fait c'était juste Maman qui me disait "Je suis en pologne, tout va bien." C'est pour ça que je suis inquiète !
Je pense que c'est un message codé ! Pourquoi ? Mince, mais il faut tout vous expliquer à vous ! C'est très simple. Elle me dit qu'elle est en Pologne alors que je le savais déjà... Alors si elle me le dit c'est qu'il se passe quelque chose. Et puis le "tout va bien", c'est étrange aussi ! Parce que ma mère, quand elle est loin de son village, elle ne va jamais bien !
Du coup, je me pose des questions... Quand je vous disais que c'était bizarre, ces prêtres avec eux... Je suis sûre qu'il se passe quelque chose ! Je vais faire ma petite enquête et je vous tiens au courant !
A dumani e salute a voi ! |  | | > Commentaire(0) | |
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